Jeudi soir tard, nous avons pris la route pour Modène en Italie. Pour y assister à la première de Beards-I Deamonie, dans le cadre du festival d’art contemporain Vie de la Région d’Emilie-Romagne. Un spectacle de près de trois heures, en italien, inspiré de la légende de Barbe Bleue et créé à Modène au Téatro delle Passioni avant d’être présenté à Liège au Théâtre de la Place, à Bruxelles et Rennes très prochainement (avec Jean Fürst et Bénédicte Davin. Direction Stefan Oertli).

dsc00307.JPGCes deux journées à Modène auront été l’occasion par ailleurs de découvrir une ville très attirante. Pas forcément pour son vinaigre balsamique vendu parfois au prix du caviar, peut-être pas non plus pour Luciano Pavarotti, l’enfant du pays enterré il y a à peine quelques semaines.

Si Modène séduit, c’est parce que la ville offre un décor et une douceur de vivre incomparable. Ici, la qualité de vie et les questions de mobilité sont des priorités, ça ne fait aucun doute. Et ça se sent tout de suite. Modène est ainsi une des premières villes européennes à avoir développé un plan agenda 21 au début des années 90.

Pionnière dans le concept de la politique des temps de la ville, Modène a développé un Pacte où “la mobilité est envisagée comme un élément central de l’amélioration de la qualité de vie et est appréhendée comme un droit et non plus seulement comme une condition de l’accessibilité” pour reprende les termes de Jean-Yves Boulin.

Résultats les plus visibles pour le touriste : une ville accessible, sans pression automobile excessive, avec un centre-ville essentiellement résérvé aux cyclistes et piétons qui s’en donnent à coeur joie dans une joyeuse anarchie, des transports en commun très développés, des pistes cyclables particulièrement sécurisées, des parkings à vélos un peu partout, un système de location gratuite. Et donc un plaisir certain de déambuler en ville (merci à Olivier pour les photos prises vendredi après-midi à l’heure de la sieste…).

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Modène a notamment parié sur le développement des véhicules électriques, à deux , trois ou quatre roues. Dès 2008, la ville participera à un projet-pilote européen qui permettra à ses habitants de tester des véhicules alimentés à l’électricité par une pile à combustible utilisant de l’hydrogène (projet Hychain).

Modène est aussi au centre d’une région pilote en matière d’agriculture biologique. Dimanche, c’était jour de marché biologique. Et dans les osteria de la ville, le porc bio à la purée de potiron vaut le détour.

“Le territoire de Modène a une importante tradition agroalimentaire depuis quelques siècles. Ce secteur représente un véritable point de repère pour l’énogastronomie mondiale et c’est dans ce contexte que le développement de l’agriculture biologique a acquis un rôle central aussi bien du point de vue économique que de la conservation et la mise en valeur du territoire. Modène est, donc, le berceau de l’agriculture biologique en Italie et la ville où sont nés les pionniers qui ont mis au point non seulement des méthodes et des techniques de culture mais aussi une approche culturelle sur la manière de vivre en harmonie avec la Mère Terre. » C’est ainsi que la ville se présente dans le prospectus qui annonce l’accueil par Modène du 16ème congrès mondial Ifoam de l’agriculture biologique en juin 2008.

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Modène, ville écologique modèle? Sans doute pas. Avec ses nombreuses boutiques de luxe et un certain goût ostentatoire pour le clinquant , on dirait un peu le Courtrai italien. Mais c’est en tout cas la preuve vivante que le commerce peut se développer au sein d’une ville à la mobilité retrouvée. Et on rêve d’un tel projet, de pareilles ambitions et d’une même qualité de vie et d’accueil pour la Wallonie picarde et ses villes.

6 Réponses à “[modène, ville verte modèle?]”

  1. Olivier a dit :

    Pas mal instructif et encourageant tout ça. N’empêche, le vinaigre balsamique, même cher, et le vin, même pas bio, valaient aussi le détour, sans parler de l’incomparable et talentueux “Barbe bleue”. Désolé pour la piètre qualité des photos.
    O

  2. Florent Cotman a dit :

    Pourquoi les boutiques de luxe ne sont-elles pas compatibles avec le cadre d’une ville écologique.?
    Les très belles choses peuvent être vues sans pour cela établir des “clivages” d’un autre âge.

    Bien cordialement Florent

  3. ronny balcaen a dit :

    Oh Florent, moi j’ai pas de gros problèmes avec le luxe.

    Mais tout n’est pas seulement fait pour être vu, masi aussi pour être achetés ! Et ça coûte cher. Et ce n’est pas toujours conforme à une conception raisonnable et durable de la consommation.

    Mais c’est vrai que parfois il vaut mieux payer cher pour une paire de chaussures qu’on mettra toute sa vie, plutôt que 30 euros pour des godasses qui percent après 3 semaines…

  4. ronny balcaen a dit :

    Olivier,

    tu oublies le zampone !!!! ;-)

  5. isabelle a dit :

    salut, je cherchais vélo et modène sur google et ai tombé sur ton site. super. dis moi, as tu fait du vélo autour de modène. Je me rends au Colloque international bio et j’aimerais rouler autour de la Ville un 200-300 km mais ne trouve pas de référence pour m’aider à organiser ça. si tu as des conseils, merci de me les partager.
    isabelle

  6. ronny balcaen a dit :

    @isabelle. Merci pour tes commentaires. Mais désolé je peux pas t’aider. J’ai surtout marché à modène. Mais je ne doute pas que tu vas trouver qqchose. Bon congrès en tout cas

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