[qui a peur d’écolo?]

14 mars 2007

Fuck you!

On sent que ça s’agite très fort. Tout le monde veut serrer la main d’Al Gore. Quand Verhofstadt reçoit le nouvel oscarisé, Reynders s’invite sans autre forme de politesse. Et Onkelinx, au courant de rien, pique sa crise pour avoir été snobée. Cette dernière scène de ménage en date au sein de la coalition des socialistes et des libéraux montre combien les nerfs sont à vif à moins de cent jours des élections fédérales. Le climat, et avec lui l’écologie, s’est invité dans la campagne depuis plusieurs mois. Et ça, ça doit fait peur aux partis traditionnels. Il suffit de voir comment cdH, MR et PS sortent les grands moyens pour convaincre que l’écologie, c’est leur affaire.

Toisant avec mépris les militants écologistes que certains appelaient jusqu’il y a peu les « talibans verts » les mandataires PS, cdH et MR n’ont jamais été au rendez-vous du développement durable. Aujourd’hui, il faut faire oublier cette inaction et toute image est bonne à prendre pour les présidents de parti : faire le voyage de Paris pour serrer la main de Nicolas Hulot, inviter Al Gore à répétition, participer au concours de celui qui verra le plus grand nombre de fois Une vérité qui dérange, ne pas oublier de programmer un congrès consacré à l’environnement, gaspiller beaucoup d’argent dans des campagnes d’affichage, et bien sûr, pour finir, toujours placer le mot « écologie » dans toute prise de parole. Objectif de tout cela : s’approprier les honneurs d’un combat jamais mené et gagner un diplôme en authenticité verte.

    La technique du grillon

Cette agitation fébrile des Reynders, Di Rupo et Milquet me rappelle le petit précis de mondialisation d’Erik Orsenna titré « Voyage aux pays du coton ». Et en particulier la technique du grillon. Cette technique est utilisée par les grands propriétaires terriens du Brésil pour se fabriquer de faux titres de propriété et justifier ainsi leur présence illégale sur les immenses fazendas.

« Voulez-vous vieillir au plus vite un faux document? Placez-le dans une boîte où vous glisserez un grillon. Pauvre bête. Dans le noir, elle se sent perdue , la panique la prend, elle ne se retient plus… Rien de tel paraît-il que les excréments de grillon pour donner à un papier tout neuf une allure d’antiquité, c’est-à-dire d’authenticité. « 

La panique et la peur peuvent aussi aider à bien communiquer en politique, où la technique du grillon souffrent néanmoins quelques ratés.

Je passe vite sur le plus récent : l’hélicoptère d’André Flahaut emprunté à la Défense nationale pour aller voir à Hasselt « Une vérité qui dérange » et la quantité de CO2 envoyée du coup dans l’atmosphère. Juste pour souligner que dans la Libre Belgique d’aujourd’hui, Flahaut nous annonce que le climat « c’est fini, maintenant ce qui est dans l’actualité, c’est la sécurité routière ». On lui reconnaitra au moins une certaine sincérité. Ce qui rappelle ce bourgmestre, socialiste lui aussi, qui a signé récemment la charte du PS pour la lutte contre le réchauffement climatiqueau niveau local. En off, il rigole un peu de la chose : « C’est amusant cette histoire de climat. Il y a six mois on n’en parlait pas. Dans trois mois on n’en parlera plus. »

Un autre beau raté, c’est celui de Joëlle Milquet, qui date de janvier dernier et que Fabrice Grosfilley raconte sur son blog, rue de la loi.

« C’était ce jeudi à la chambre. Une équipe de RTL TVI réalise un reportage sur la préparation de la campagne électorale (la séquence ne sera finalement pas diffusée, la tempête occupant l’essentiel de l’espace médiatique). Invitée à préciser ses thèmes de campagne Joëlle Milquet énumère : la formation, l’emploi, la solidarité , la générosité (très humaniste ajoute-t-elle), un volet institutionnel et communautaire et la sécurité.
Relance du journaliste : « et le réchauffement climatique ? »
Joëlle Milquet, après un temps d’arrêt : « Ah oui. Je peux recommencer ? »  »

Dernier exemple, la plupart des ministres du pays ont été épinglés pour leurs critères de choix très peu écologiques à l’achat de la voiture de fonction. Champion toutes catégories : Marc Verwilghen, ministre de … l’énergie et son 4X4. Laurette Onkelinx suit de près. Allez, un petit cocorico qui n’a rien de surprenant : la voiture la moins polluante est celle de la ministre écolo bruxelloise Evelyne Huytebroeck.

Toute cette agitation est encore un peu sympathique et fait sourire.

Il faut tuer Ecolo

Quand on commence à sortir les flingues du côté du PS, on change de registre. Les militants socialistes n’ont jamais beaucoup aimé les écolos. Près de 30 ans d’existence d’une écologie politique indépendante et progressiste, en Wallonie et à Bruxelles, c’est un rappel constant pour le PS de sa ringardise et de son incapacité à moderniser l’action et le projet socialiste. Un projet qui reste prioritairement productiviste et consumériste, entretenu par le clientélisme, voire les pressions et les menaces. Malgré les artificielles convergences de gauche aujourd’hui enterrées, les relations n’ont donc jamais été au beau fixe.

Avec l’émergence médiatique des thèses écologistes, derrière les sourires crispés et le fond de teint vert, c’est une véritable offensive qui est menée pour l’instant contre le parti Ecolo qu’il faut tuer à tout prix. On sentait les attaques se rapprocher depuis plusieurs mois maintenant. Ejectés de Namur, de Schaerbeeck ou de la province du Brabant wallon, les socialistes entretiennent un sentiment de revanche. Ceux qui font leurs petites affaires à droite avec les libéraux depuis quatre ans au fédéral reprochent urbi et orbi aux écologistes de s’allier ça et là au MR au niveau local. Comme si Ecolo n’aurait pas le droit de décider seul et en parfaite démocratie de ses partenaires dans les communes ou les provinces. Pour faire encore monter un peu la sauce et empêcher l’arrivée des électeurs de gauche chez les Verts, scénario que leur prédiraient des sondages internes, les responsables du PS vont jusqu’à alimenter le scénario d’un rejet du PS dans l’opposition à la faveur d’une coalition « de droite » MR-cdH-Ecolo. Loufoque.

Toujours pas rassuré, l ‘appareil socialiste s’est enfin lancé dans une campagne de débauchage de quelques aigris, renouant ainsi avec ce qu’il y a de plus détestable dans les vieilles pratiques politiciennes. Certains s’y laissent prendre. Tant pis pour eux. Dans mon souvenir, les quelques qui ont rallié le PS au cours des années passées ont tous été enterrés, au propre ou au figuré. Toutes celles et ceux qui continuent à être fiers du combat mené depuis des années et qui sont motivés par le projet écologiste, sont convaincus qu’en matière sociale, nous n’avons aucun compte à rendre au PS. Nos valeurs de solidarité et d’autonomie, l’action de nos ministres, de nos bourgmestres, échevins et présidents de CPAS vaut de loin celles des socialistes dont certains se sucrent par ailleurs au passage et qui sont incapables d’enrayer le mal wallon, pour en être en grande partie responsables…

Nous, écologistes, n’avons aucun compte à rendre au PS.

Nous rendrons des comptes devant l’électeur.

Et nous sommes confiants.

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3 Réponses to “[qui a peur d’écolo?]”

  1. el soete Says:

    On s’imagine la scène. Le vendredi après-midi, un scribe spécialisé dans la sécurité sociale (et comment la mettre au service de ceux qui ont une carte du Parti) au Boulevard de l’Empereur reçoit un coup de fil: « Dis, lundi, on fait notre truc environnemental là, notre « Charte » qui va sauver la planète là, tu veux bien faire un petit texte pour le communiqué d’ici lundi? »

    Le scribe, expert en sécu sociale, pensions, et autres mannes à distribuer, commence à transpirer légèrement. L’environnement, merde ! Et, en plus, en parler sans mentionner une seule fois le mot « vert », et surtout éviter de parler des ecolos belges! La responsable presse lui lance encore « dis, et trouve bien un autre truc que « écologie » hein, c’est déjà pris ça, mets y un adjectif, quelque chose qui est proche des gens »..

    Le scribe fait rapidement un tour sur le Web, et le résultat, très visionnaire, très concret surtout, est le suivant :

    (communiqué du PS « Pour une écologie humaine, Les bourgmestres PS s’engagent ! », sorti du cache de Google, parce que la page a disparu suite au relookage du site : http://66.102.9.104/search?q=cache:YsLNUNsO3OgJ:www.ps.be/index.cfm%3FR_ID%3D1010%26Content_ID%3D-1004272+bourgmestres%2Bcharte+site:ps.be&hl=nl&ct=clnk&cd=1&gl=be
    )

    [quote]Le lundi 12 février, le PS a tenu un Bureau spécial réunissant les 111 bourgmestres PS de Wallonie et de Bruxelles. L’objectif ? La signature par ces 111 bourgmestres d’une charte reprenant 5 engagements concrets et réalisables pour agir au niveau local contre le réchauffement de la planète.[/quote]

    Ce rassemblement fait suite à un travail mené depuis PLUSIEURS MOIS par le PS (avec différents experts, des élus en pointe sur la thématique, des concertations avec Alain Hubert et une séance de travail à Paris entre Nicolas Hulot, Elio Di Rupo et Jean Cornil) et dont l’objectif est de voir comment chaque niveau de pouvoir peut lutter concrètement contre le réchauffement climatique.

    En effet aujourd’hui, la conscientisation qu’il faut agir se globalise grâce notamment au travail de différentes personnalités, à la conférence de Paris ou plus pragmatiquement, aux températures clémentes.

    **** Il n’a decidemment jamais entendu parler du Club de Rome, ou du rapport-Brundtland, sortis dans les années… 70 ****

    La particularité du PS : pour une écologie humaine

    *** ça alors ! ***

    La prise en compte du réchauffement climatique donne lieu à un débat d’idées sur les pistes à suivre. *** quand on n’a pas d’idées, on lançe des débats d’idées ***

    Les comportements de chacun doivent évoluer on l’a dit. Mais le PS insiste : le combat contre le réchauffement de la planète ne doit pas se faire sur le dos des plus faibles. D’accord pour conscientiser tout un chacun, mais les efforts doivent être adaptés aux situations personnelles et proportionnels aux capacités de chacun. C’est une approche humaine de l’écologie qui est prônée.

    Ainsi, le PS estime par exemple que la fiscalité peut être un instrument incitatif. Mais attention à la régression sociale. Le PS s’oppose à la logique de ceux qui veulent remplacer une taxation immobilière fondée sur la valeur d’un bien par une taxation fondée sur les émissions de CO2 d’une maison (en résumé, le propriétaire d’une petite maison ouvrière paierait plus que le propriétaire d’une grosse villa…).

    *** Est-ce une pique vers la villa d’Onkelinx à Lasne?***

    *** Et maintenant, LA solution au réchauffement climatique:…. l’ISOLATION (attention ça continue pour le reste du texte ) ****

    Par ailleurs, ce débat sur le réchauffement de la planète peut être une opportunité pour la création d’activités et d’emplois. Le gouvernement fédéral, sur demande des socialistes, a dégagé des budgets importants pour aider les particuliers à isoler leur maison. Aujourd’hui, il faut aller plus loin : mobilisation de moyens, formation des travailleurs à ces métiers et profiter de cette opportunité de création d’activités et d’emplois.

    Les communes comme moteur de proximité dans le débat

    Des outils existent pour permettre aux communes de faire des économies d’énergie. C’est le cas notamment du Fonds fédéral pour la Réduction du Cout global de l’Energie. Et parmi les élus PS, beaucoup sont déjà en pointe dans leurs actions locales.

    Daniel Senesael, bourgmestre d’Estaimpuis, a mis sur pied dans sa commune des formations du personnel de l’urbanisme aux économies d’énergie. Le personnel de la ville conseille les particuliers lorsqu’ils introduisent un dossier nécessitant un permis. La commune a aussi engagé un conseiller en économie d’énergie au sein de la commune. Anoter que ce temps plein est financé par les économies que la commune fait. Le Bourgmestre Senesael a aussi introduit un « Weigt Watcher » de l’économie d’énergie : chaque département définit une série d’actions qu’il peut entreprendre en matière d’économie d’énergie.

    A Beauraing, Jean-Claude Maene a lancé « PALME », le Programme d’actions locales pour la maitrise de l’énergie. PALME a permis l’isolation des bâtiments communaux, l’organisation d’une campagne Kyoto dans toutes les écoles de Beauraing, des rencontres avec des citoyens dans des permanences autour du thème « Economisez l’énergie c’est possible » et la mise sur pied de programmes d’isolation dans des maisons privées.

    Michèle Carthé, bourgmestre PS de Ganshoren, a fait installer un système de chauffage à cogénération dans les logements sociaux. Sous son impulsion, la commune travaille aussi à un projet de piscine communale respectant des critères environnementaux.

    Bien entendu ce ne sont que quelques exemples parmi d’autres. Il faut aussi reconnaître que ce genre d’initiatives pourrait être plus nombreuses au niveau local en Wallonie et à Bruxelles. C’est tout l’objet de la charte PS pour une écologie humaine qui sollicite l’ensemble des bourgmestres sur 5 engagements.

    Les autres niveaux de pouvoirs

    Au fédéral, sous cette législature, beaucoup a été fait. Certainement beaucoup plus que par tous les gouvernements fédéraux précédents.

    Il y a eu des avancées qui ont une portée symbolique forte. Ainsi, sur proposition de Jean Cornil, le Sénat a voté l’intégration du développement durable dans le titre premier de la Constitution. Le développement durable devient, de la sorte, une référence pour nos élus actuels et futurs sur la manière de gouverner et de prendre des décisions. La Belgique devient de la sorte un des premiers pays au monde à intégrer le développement durable dans sa Constitution.

    Mais il y a surtout eu du concret, souvent d’ailleurs à l’initiative du PS :

    * Le Fonds d’investissement dans les travaux d’économie d’énergie dans les bâtiments publics (Fedesco) a été créé. Il est doté de 5millions €
    * Le soutien à l’isolation de l’habitat particulier par des prêts à des taux particulièrement bas (100 millions € disponibles)
    * L’adoption de mesures fiscales incitatives comme les déductions fiscales sur les investissements portées à 40% (au lieu de 25%) et le doublement du plafond maximal porté à 2.000 €
    * L’affectation d’une part du Fonds de démantèlement des centrales nucléaires à des prêts pour des projets verts (100 millions € dans un premier temps)
    * Le soutien à la création d’un parc d’éoliennes en mer du Nord
    * L’encouragement à l’implantation de technologies « propres » dans les pays en voie de développement (60 millions €)

    Au niveau wallon, un des gouvernements thématiques planifiés sera consacré à l’environnement. Il aura lieu le 15 mars. De nombreux points précis sont à l’ordre du jour. En parallèle, les parlementaires se sont saisis également de ces questions. Ainsi, après avoir analysé que la coupure de lumière sur les routes n’entraîne pas plus d’accidents, des parlementaires PS font une proposition de décret pour couper l’éclairage publique aux heures creuses, exceptée aux endroits les plus dangereux.

    Les 5 engagements des bourgmestres PS le 12 février

    Conscients de l’urgence d’une action en faveur du climat et du rôle clef que peuvent jouer les pouvoirs locaux dans la préservation d’un environnement de qualité, les bourgmestres PS s’engagent à :

    * Réduire la consommation énergétique propre de l’administration communale d’au minimum 20% d’ici la fin de la législature.
    * Ne plus construire de nouveaux bâtiments « énergivores ».
    * Offrir dans la commune des conseils pratiques aux citoyens relatifs aux techniques d’économie d’énergie dans leur habitat.
    * Assurer l’accès des citoyens aux prêts à taux réduit du Fonds pour la Réduction du Coût global de l’Energie et initiatives fédérales.
    * Soutenir la mise en place de groupements citoyens qui travaillent sur l’indépendance énergétique locale.

    Ces engagements devront se concrétiser dans la législature communale.

  2. wato Says:

    C’est bien connu de la psycho-sociologie, pour se définir, on se situe par rapport aux autres..valable pour les Verts et pour les autres.. en politique, se définir, c’est aussi s’allier et négocier. Quoi de plus logique que ces alliances/définitions soient mobiles. Car la vie bouge. Evidemment, les psychorigides n’y trouvent pas leur compte, quel que soit leur bord. Gageons que les Verts, une fois lavés de l’ego-développement (idéologiquement, j’y crois, mais est-ce possible ?), se monteront habiles et stratégiques pour surfer dans ce monde politique mouvant, dans lequel un combat ne peut-être gagné en se reposant sur ses lauriers..surtout lorsqu’ils sont mal plantés ! Bon combat anyway

  3. Serguei Says:

    le cauchemard écolobobo: « ils » ont réussis :plus de centrales « atomiques » avantageusement remplacées par des éoliennes …les ex merveilleux paysages de la France couverts d’éoliennes que doivent suppléer des centrales thermiques.
    L’écologisme n’est qu’une nouvelle trouvaille du NWO pour complexer puis driver les « pauvres ».
    L’écologisme permettra aux futurs 3% de nantis de la planete de confisquer l’énergie pour eux seuls ( seule cette classe qui voit son pouvoir d’achat augmenter en pleine « crise » pourra profiter de ce nouveau concept de management qu’elle a mise au point)


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