[20.000 trains déjà supprimés par an. ça suffit comme ça!]

20 mai 2010

Où va le rail belge?

Suppression de trains, diminution du service à la clientèle, fermeture de guichets, pression accrue sur le personnel, etc. : l’annonce des pistes d’économie étudiées par la SNCB résonne comme un véritable coup de tonnerre pour les voyageurs et les cheminots, déjà confrontés à une situation difficile. Pour le détail des mesures, voir notamment l’article sur le site de la RTBF qui annonçait l’information en primeur hier soir.

Si l’annonce de ces mesures fait grand bruit, on pouvait néanmoins s’attendre à ce qu’elles sortent un jour. On sait que la situation financière de la SNCB ne fait que se dégrader depuis 2008. Un premier coup de semonce avait déjà été tiré dès le lendemain de l’adoption difficile du plan de filialisation de B-Cargo (le secteur marchandises) à la mi-décembre 2009. Les dirigeants de la SNCB Holding avaient alors prévenu par écrit la Ministre de tutelle que les objectifs du plan financier 2008-2012 ne pourraient pas être rencontrés.

J’avais interpellé Inge Vervotte à la Chambre le 1er février dernier (compte-rendu intégral de la commission en cliquant ici). Répondant à mes questions et à mes craintes sur la dégradation du service, la Ministre de tutelle s’était alors voulue rassurante. Extraits :

Ronny Balcaen : Madame la ministre, nous sommes devant la quadrature du cercle. Il faut améliorer la situation financière tout en respectant les objectifs de ponctualité que vous avez évoqués et qui demandent que des moyens budgétaires y soient affectés. Il y a la question de la survie des arrêts, des petites gares. On peut légitimement se poser la question de l’impact de cette situation financière et en l’absence d’une aide, de l’impact sur la qualité du service à long terme, qui pourrait être déplorable pour les navetteurs et les usagers du train mais aussi pour l’ensemble du groupe SNCB.

Inge Vervotte : Nous bloquerons évidemment les propositions visant à réaliser des économies en supprimant des services mais nous sommes convaincus qu’il est possible d’encore progresser en matière de synergie.

J’attends aujourd’hui de Madame Vervotte qu’elle tienne ses engagements. Il serait en particulier inacceptable qu’on laisse prendre des décisions d’une telle importance sous prétexte d’un gouvernement en affaires courantes.

Le scénario de suppressions de trains viendrait encore diminuer de manière inacceptable le niveau de satisfaction des voyageurs et le service rendu, alors que les chiffres de ponctualité ont atteint en 2009 un record historiquement négatif (voir ici les chiffres de ponctualité 2009 sur le site d’Infrabel, le responsable du réseau). Et ce sont 21.556 trains qui ont été supprimés en 2009 (contre 14.288 en 2008). Le plan d’accélération des investissements en TBL1+ devrait quant à lui entraîner la suppression de 5.000 trains supplémentaires entre 2010 et 2012. Des trains supprimés pour faire des économies, il y en assez comme ça, non ?

Le recours aux guichets automatiques, autre mesure annoncée, aura raison de la présence humaine dans les petites gares, avec un impact sur la sécurité et le confort de voyageurs.

Enfin, les mesures de rationalisation prévues en matière de personnel vont aggraver les cadences de plus en plus infernales auxquelles sont soumises les accompagnateurs et les conducteurs de train, avec également un impact sur la sécurité. On ne tient pas compte de ce qui a été maintes fois répétés par les personnes auditionnées dans le cadre de la Commission spéciale sur la sécurité du rail, mise en place après la catastrophe de Buizingen.

Comment légitimer ces mesures au regard des investissements de prestige réalisés par la SNCB Holding dans sa politique des grandes gares ? Ecolo réclame à nouveau  une mise à plat de la politique d’investissement de l’ensemble du groupe avant toute mesure d’économie. Comment la SNCB Holding responsable de cette politique dispendieuse peut-elle exiger de l’opérateur ferroviaire des coupes budgétaires qui se feront sur le dos des voyageurs ?

La pollution, le stress ou la perte de temps liée aux embouteillages, l’enjeu du climat et le coût de l’énergie rendent indispensable le développement des transports publics, en particulier du train. A l’encontre de la politique minimaliste menée à l’heure actuelle, Ecolo souhaite que les investissements nécessaires soient réalisés, avec une priorité absolue pour la sécurité des voyageurs et des cheminots, pour offrir un service plus étendu et à meilleures fréquences, plus rapide, plus ponctuel, plus confortable et plus convivial.

Cet enjeu essentiel devra être sur la table des négociations. Ecolo en a en tout cas fait une de ses 10 priorités.  Un peu d’ambition pour le train que diable !

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Une Réponse to “[20.000 trains déjà supprimés par an. ça suffit comme ça!]”

  1. Mouton Philippe Says:

    Bravo Ronny, un très grand BRAVO. Voilà un candidat d’exception. 1 % d’esbrouffe et 99 % d’efficacité dans ses dossiers. Beaucoup devraient en prendre de la graine. J’aurais pu déjà te le dire ce matin, mais campagne oblige, sur le terrain on est concentré sur les gens.
    A bientôt.
    Philippe Mouton


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