livre_enseignement_169.jpgMadame l’inspectrice, Chère Collègue,
Monsieur l’inspecteur, Cher Collègue,

Madame la Ministre-Présidente Marie ARENA et Monsieur l’Administrateur général Jean-Pierre HUBIN souhaitent savoir si vous avez reçu en tant qu’inspecteur à votre domicile privé le « Livre bleu de l’enseignement » émanant du Mouvement Réformateur. Merci de me répondre à la lecture de ce mail. Bien à vous,

Arlette.

Mon climat de campagne s’est procuré ce bref mail qui a été envoyé le 10 octobre dernier par le service de l’inspection de la Communauté française aux inspecteurs et inspectrices. C’est le dernier épisode connu d’une polémique sur la drague insistante des partis politiques envers les enseignants.

Le 9 octobre dernier, la socialiste Véronique Jamoulle interrogeait déjà Marie Arena sur l’envoi du nouvel opus réformateur dans les écoles. La Ministre-Présidente avait minimisé la chose : l’ouvrage accompagné d’une lettre était adressé directement aux directions. Tant qu’il n’est pas diffusé dans l’école, rien à dire…

Cette sérénité de façade n’empêche visiblement pas le cabinet d’indaguer sur l’affaire.

Faut dire que le sujet est devenu de plus en plus sensible. On sent le monde de l’enseignement à nouveau bien en froid avec le PS, malgré le Contrat pour l’école… au à cause de celui-ci justement. Certains partis sont dès lors tentés d’aller piocher dans ce réservoir de voix en vue des régionales de 2009.

Le sujet affecte aussi les relations PS-cdH. Ainsi, la complaisante question de Collignon junior à sa camarade ministre-présidente il y a à peine un mois. Le député fustigeait à cette occasion l’envoi cdH dans toutes les écoles d’un courrier explicatif des derniers développements autour du décret inscription (un texte qui a sans nul doute été pour beaucoup dans les résultats mitigés de Joëlle Milquet au dernier scrutin fédéral). Marie Arena, assise à côté de Marie-Do Simonet, avait applaudi les propos du député prononcés à la tribune.

Et on se rappellera qu’il y a moins d’un an, c’était Joëlle Milquet qui avait envoyé dans toutes les écoles son petit livre à elle qu’elle a écrit.

Pour ma part, je trouve ce dégagement d’énergie assez inutile. On peut légitimement se demander si l’envoi d’une telle prose politique, sans autre forme de concertation, de dialogue et d’échange, a une chance infime de ne pas directement prendre la direction de la corbeille à papier, ou mieux de la caisse destinée au papier à recycler.

La reconnaissance et la valorisation des enseignants passent sans doute par des pratiques politique un peu plus modernes, non? Pour votre bonne information quand même, et celle de Marie Arena par la même occasion, les inspecteurs ont bien reçu le petit livre bleu.

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